Au début, dans l'eau, les teintes se mélangent, c'est difficile de contrôler ce qu'il se passe. Il faut laisser les flaques faire un peu ce qu'elles veulent mais pas trop.

Une heure, deux heures, une nuit, c'est sec.

Maintenant le sujet. Dessiner l'espace, l'arbre, les personnages. Se souvenir du moment où le tableau est apparu. Dans un champs, en Basse-Normandie, humide et fertile. Ça pousse bien là-bas. C'est un coin de rivières, de haies, de chemins creux et boueux, un pays de marcheurs.

Ça ne va pas, le visage est faux, l'arbre ne ressemble pas à celui de la photographie témoin presque illisible prise avec mon vieux téléphone.

Je recommence.

Je repeins par dessus. Retoucher le mur à droite.

Non, ça l'abîmerait.

Ça y est presque. Je commence à voir ce que je voulais dire. Je recule, je visite, j'arrange le petit coin de vert là-haut.

C'est bon, il est fini.

 

Le chant des cailloux, acrylique sur toile